Mise en scène Myriam Azencot « Des enfants jouent dans un terrain vague; ils jouent au papa et à la maman, comme tous les enfants du monde, ils répètent tout haut et crûment ce que les adultes disent tout bas. Et ces mots, dans leur bouche, amènent au jour la logique guerrière qui a conduit leur pays à un état de délabrement économique, moral et social dans lequel chacun tente de survivre par tous les moyens. Cette logique de violence, créée par un pouvoir politique irresponsable et corrompu, existe aussi en chaque individu, faisant de la famille le reflet exact de la société qui l’englobe. Si bien que ces histoires de famille auxquelles on assiste constituent à la fois un parallèle à la situation de l’ex-Yougoslavie et une image représentative de toute société puisque c’est par les familles que se fait la transmission des valeurs, bonnes ou mauvaises, qui irriguent cette société. Mais (et c’est là qu’éclate le talent de l’auteur) dans la joie et la bonne humeur… ! Aucune sinistrose, aucun didactisme, aucun « message » ne vient alourdir la pièce : simplement une fable drôle et féroce qui parle de nous… ». Myriam Azencot Texte français Ubavka Zaric Avec la collaboration de Michel Bataillon Régie générale : François Burelli—Stefan Litty Régie plateau : André-Louis Quinton Décors : Pierre-Paul Cuccu Jean-Louis Bauhain Coiffure : Xavier Guidicelli Costumes : Féli Massiani Administration et production : Jean-François Perrone et Stéphanie Bohers Avec Nadezda, 11 ans - une enfant bourrée de tics : Corinne Capanaccia Vojin, 12 ans, frère de Milena - le père : David Levadoux Milena, 11 ans, sœur de Vojin - la mère : Toinou Terrazzoni Andria, 10 ans – le fils et, quand il le faut, la fille : Arnaud Wurceldorf et Jean Pagni (pour la tournée) La Voix : Jean-François Perrone Tous les personnages de cette pièce sont des enfants. Selon les besoins, ils vieillissent et rajeunissent. Parfois, ils changent de sexe. Rien d’étonnant à cela. Les acteurs, en revanche, ne sont pas des enfants. Dans cette pièce, ce sont des adultes qui jouent aux enfants qui, à leur tour, jouent aux adultes. Cela n’a rien d’étonnant non plus. Il y aura suffisamment d’autres raisons de s’étonner. « Je crois en cette idée enfantine qui veut que le théâtre peut faire quelque chose pour changer le monde. Brecht n’a pas changé le monde grâce à ses pièces, mais le monde n’a jamais été le même après Brecht. Et son écriture y était pour quelque chose. A long terme, ce qui fait bouger les choses, c’est l’ existence artistique personnelle sur sa durée. » Biljana Srbljanovic |